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Je me suis permis un petit post suite à la lecture de cet article du temps:

http://www.letemps.ch/economie/2016/06/07/suisse-propose-obligations-ne-rapportent-rien

Un petit peu d’histoire: la fameuse crise des « subprimes« 

Il me parait important de rappeler l’origine de ces taux négatifs car toute histoire à un commencement et une origine.

La crise des sub-primes en 2007 a généré une situation de crédit crunch (resserrement de crédit) qui allait ou a abouti à une situation d’assèchement des liquidités sur le marché. En effet, les banques avaient adoptées une posture prudentielle à l’égard du financement des acteurs économique et de l’investissement.

Afin de faire face, la BCE(Banque Centrale Européenne) ainsi que les autres principales banques centrales mondiales ont mise en place une politique monétaire accommodante(QE: quantitative easing). Cette dernière à trois objectifs :

  • soutenir les banques dans leur rôle de financement de l’économie;
  • lutter contre les risques déflationnistes;
  • éviter l’assèchement du marché.

La BCE a donc adopté un politique dite « non-conventionnelle » qui lui permet de

  • racheter des d’actifs;
  • d’injecter en parallèle des liquidités dans la zone Euro;
  • et enfin abaisser ses taux d’intérêts.

    aaeaaqaaaaaaaak4aaaajdjhzjmwyjvhltdhmwetngu5zs1hymfkltc2ogrmndgwzjmyygPrincipe des intérêts

    « L’intérêt c’est la rémunération versée en contrepartie du blocage d’une épargne ou en rémunération d’un prêt. Le montant de l’intérêt est régulièrement fonction de la durée du prêt ou de l’emprunt. Son niveau dépend également du risque de non remboursement associé à la contrepartie. En fonction des émetteurs et des investisseurs, il peut être fixe ou variable. »(cf: définition mataf.)

    Il apparaît évident que cette définition sous entend non pas une certaine confiance mais une confiance certaine dans l’économie ainsi que dans les échanges entre acteurs économiques.

    compare time and moneyUn marché de défiance…

    Cette posture prudentielle adoptée par les banque depuis 2007 a été renforcé par:

    • l’adjonction des normes « Bâle III » imposants de nouveaux ratios prudentiels;
    • et un renforcement des exigences en fonds propres(Bale III);
    • Chute de leur cours boursier et donc de leur capitalisation;
    • dégradation de la qualité de leurs créances;
    • mise en place des normes IFRS.

    De plus la défiance a pris place au sein du marché interbancaire, à l’instar de celle vis à vis de certains établissements bancaires italiens. Cette situation en dit long sur l’idée défiance qu’on les banques entres elles.  De facto, les dépôts auprès de la BCE  apparaissent alors  sécurisés et c’est ainsi que le risque d’asséchement ou de crédit crunch à fait la place à un risque de contrepartie.

    …associé à une situation de « balance sheet recession »…

    C’est l’économiste américano-taïwanais Richard C. Koo qui introduit cette notion de « balance sheet recession » en essayant de comprendre la crise japonaise et les raisons de sa longévité.  Ce dernier a pu constater qu’une récession due à l’éclatement d’une bulle n’empêchait pas les entreprises d’être suffisamment rentable pour survivre malgré la baisse sensible des actifs et des profits d’ entreprises. Toutefois leur survivre ne leur permettait pas de s’endetter à nouveau. En effet, ces dernières considérant que leur exposition au risque est trop élevée elles priorisent le désendettement du bilan (ce qui a un effet déflationniste).

    …justifie des taux d’intérêts négatifs

    Face à cette conjoncture, les banques centrales rendent coûteux pour les banques de garder les vastes liquidités qu’elles mettent à leur disposition afin qu’elles investissent.

    Ces dernières n’ayant que peu de projets intéressants à financer, elles se tournent donc vers les obligations souveraines (ce qui entretient la demande pour ce type d’actif et explique en partie les taux négatifs) et vers les marchés d’actions qui restent très florissants malgré une croissance économique très faible.

    Pour en revenir à l’article du temps, la Banque centrale suisse avait brièvement introduit des taux d’intérêt négatifs dans les années 70 afin de décourager les entrées de capitaux. Aujourd’hui l’histoire se reproduit mais pour relancer la machine à investissements et restaurer la confiance entre les acteurs.

    Mouez AYAT